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Histoire et Patrimoine

Françoise et Stanislas Łukowiak : leur histoire à Montigny

En 1944, la maison de Françoise et Stanislas Łukowiak devient un point important de la Résistance polonaise à Montigny. Leur arrestation, la déportation de Stanislas et la mémoire longtemps discrète de Françoise racontent un destin local encore incomplet.

Cet article fait partie de notre série « Les grands noms de Montigny-en-Ostrevent », consacrée aux femmes et aux hommes qui ont marqué, de près ou de loin, l’histoire de la commune. Personnalités politiques, artistes, résistants, scientifiques, industriels ou figures locales : au fil de ces portraits, nous vous proposons de redécouvrir celles et ceux dont le parcours est lié à Montigny-en-Ostrevent et qui ont contribué à son histoire, à son patrimoine ou à sa mémoire.


À Montigny, la rue Stanislas-Lukowiak porte un nom que beaucoup d’habitants croisent sans connaître l’histoire qu’il recouvre. Derrière cette plaque se trouvent un tailleur d’origine polonaise, son épouse Françoise et une maison devenue, en 1944, un point important de la Résistance polonaise. Leur arrestation, survenue lors de l’intervention allemande qui coûta la vie au capitaine Władysław Ważny, bouleversa le destin familial. Les archives permettent d’en retrouver une partie, mais elles laissent aussi subsister des contradictions. Leur lecture éclaire le rôle du foyer, le sort de Stanislas et la mémoire encore discrète de Françoise.

Françoise et Stanislas Łukowiak, un foyer montignanais au cœur d’un réseau polonais

Stanislas Łukowiak naît le 28 octobre 1885 à Nowy-Folwark, en Pologne. Installé à Montigny, il exerce le métier de tailleur. Son domicile du 12, rue de Pecquencourt, lui sert aussi d’atelier.

À partir d’avril 1944, cette maison accueille le capitaine Władysław Ważny, dit « Tygrys ». Elle devient une cache et un quartier général pour sa mission de renseignement dans le Nord. Stanislas appartient à la POWN-Monica, une organisation polonaise de résistance à l’occupation allemande. Les documents consultés ne précisent pas encore la fonction personnelle de Françoise.

Le 19 août 1944, la police allemande investit la maison des Łukowiak

Ce jour-là, la police allemande arrive pour arrêter Ważny. Blessé en tentant de s’enfuir, le capitaine se donne la mort. La maison est aussitôt investie.

Stanislas et Françoise sont arrêtés avec leur gendre, Mieczysław Golon, lui aussi membre de la POWN. Tous trois sont interrogés, puis internés à la prison de Loos-lès-Lille. Cette arrestation montre la place stratégique occupée par leur foyer : la Résistance ne reposait pas seulement sur ses chefs, mais aussi sur des habitants qui acceptaient de mettre leur logement et leur activité quotidienne au service du réseau.

Après la prison de Loos, deux destins inégalement documentés

Selon le Musée de la Résistance en ligne, Stanislas est déporté le 1er septembre 1944 vers Oranienburg-Sachsenhausen et meurt peu après. Un arrêté officiel publié en 2008 retient seulement un décès « courant septembre 1944 en Allemagne ». Les récits donnant mai 1945 ou Sandbostel ne peuvent donc pas être présentés comme certains sans document supplémentaire.

Le parcours de Françoise reste plus difficile à suivre. Un avis publié en 1958 sous le nom de Franciszka Łukowiak recherche encore des renseignements sur son mari. Ce document demande toutefois à être rapproché de l’état civil et des archives familiales.

Une rue conserve le nom de Stanislas

La rue Stanislas-Lukowiak maintient aujourd’hui son nom dans le paysage de Montigny. La date et les motifs précis de cette dénomination restent cependant à retrouver dans les délibérations municipales.

Françoise demeure beaucoup moins visible. Des photographies, lettres ou souvenirs conservés par des habitants permettraient peut-être de mieux comprendre son parcours et de rendre au couple toute sa place dans la mémoire locale.

L’histoire des Łukowiak rappelle que la Résistance s’est aussi organisée dans des maisons ordinaires, grâce à des habitants qui acceptaient de lourds risques. Elle montre également combien la mémoire peut rester incomplète : Stanislas a donné son nom à une rue, tandis que le parcours de Françoise demeure encore mal connu. Si vous possédez une photographie, une lettre ou un souvenir concernant leur famille, partagez-le avec Montigny Terre d’Ostrevent, l’Asso à contact@mto-asso.fr. Chaque document peut aider à préciser cette histoire locale.

Note sur les illustrations : certaines illustrations présentées sur cette page sont des reconstitutions illustrées contemporaines, réalisées pour accompagner et rendre plus accessible le récit historique. Il ne s’agit pas de documents, gravures ou représentations d’époque. Elles s’appuient autant que possible sur les informations historiques disponibles, mais certains détails peuvent relever d’une interprétation artistique.

Pour aller plus loin

Sources

  1. Musée de la Résistance en ligne Stanislas LUKOWIAK Consultée le
  2. Légifrance Arrêté du 16 septembre 2008 portant apposition de la mention « Mort en déportation » sur les actes et jugements déclaratifs de décès Consultée le
  3. Service historique de la Défense Sous-série GR 16 P — Dossiers administratifs de résistantes et résistants — Lettre L Consultée le
  4. Bibliothèque numérique de l’Université de Varsovie Wiarus Polski, document numérisé de 1958
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À propos de l’auteur

O1ivier

J’habite Montigny-en-Ostrevent depuis 2015.

L’informatique et les nouvelles technologies occupent une grande place dans mon quotidien, mais aussi dans mes loisirs. Je m’intéresse notamment à l’impression 3D, au drone, à la généalogie (mon arbre compte aujourd’hui plus de 10 700 personnes) ainsi qu'aux films et séries de science-fiction.

À travers Montigny Terre d’Ostrevent, l’Asso, j’ai envie de mettre mes compétences et mon expérience au service des habitants, notamment dans le domaine du numérique.

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